Chacun vit l’aide médicale à mourir (AMM) différemment, et il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de réagir à la mort. Certaines émotions peuvent vous sembler inhabituelles, inconfortables ou plus intenses que prévu. Certains sentiments peuvent apparaître et disparaître rapidement, tandis que d’autres peuvent s’installer avec le temps. Tout ce que vous ressentez est légitime. 

Il est également fréquent d'éprouver plusieurs émotions contradictoires en même temps. Vous pourriez, par exemple, ressentir simultanément de la tristesse, de la colère, de la peur, du soulagement, de l'acceptation, de la gratitude ou de la paix. Ces émotions apparemment contradictoires font naturellement partie de l'expérience du deuil et des décisions liées à la fin de vie.

S’appuyant sur ses expériences auprès de familles partout au Canada, Mourir dans la dignité Canada a observé une grande diversité d’expériences émotionnelles en fin de vie. Cette page présente ces constats et aide à reconnaître certaines des réactions émotionnelles que peuvent vivre les personnes en fin de vie et leurs proches. Elle met également en lumière différentes formes de soutien qui peuvent être utiles tout au long du parcours.

La perte d’un proche, la mort et la fin de vie suscitent de nombreuses émotions

Les expériences de fin de vie sont complexes. Il est courant de ressentir un éventail d’émotions, parfois toutes à la fois.

La peur de la mort et de la fin de vie peut être influencée par l’histoire personnelle, la culture ou les croyances. Parallèlement, d’autres sources de stress, comme les pressions financières, les difficultés relationnelles ou les problèmes de santé, peuvent rendre le deuil plus difficile à vivre.

Choc, incrédulité et engourdissement émotionnel

Certaines personnes disent avoir ressenti cela aux premiers stades d’un diagnostic ou lorsqu’elles ont commencé à envisager l’AMM. Il peut être difficile d’assimiler ce qui se passe.

Acceptation, soulagement et sérénité

Selon un sondage Environics réalisé en 2026 auprès de personnes ayant un lien personnel avec l’AMM, l’acceptation était l’émotion la plus souvent mentionnée, et plusieurs personnes ont également parlé d’un sentiment de paix. Ces émotions peuvent se manifester de différentes façons. Elles peuvent notamment prendre la forme d’un soulagement à l’idée que la souffrance prendra bientôt fin ou d’un réconfort sachant que les choix d’une personne sont respectés et appuyés.

Tristesse et chagrin

Des sentiments de tristesse et de deuil peuvent survenir à différentes étapes du parcours de fin de vie. Cela peut notamment prendre la forme d’un deuil anticipé, c’est-à-dire le fait de vivre le deuil d’une perte avant qu’elle ne survienne. Selon un sondage réalisé par Mourir dans la dignité Canada, la tristesse figurait parmi les réactions émotionnelles les plus fréquemment rapportées par les personnes dont un proche au premier degré avait vécu une expérience liée à l’AMM. 

Les personnes en fin de vie décrivent souvent un sentiment de deuil à l’idée de quitter leur vie, tandis que leurs proches peuvent vivre le deuil anticipé de la personne qui est en train de mourir. Il est normal de ressentir de la tristesse et du chagrin, même lorsque l’on soutient une personne dans ses décisions de fin de vie. Pour en savoir davantage sur le deuil, consultez Deuil et AMM.

Peur, anxiété et agitation

L’incertitude quant à l’avenir peut susciter de la peur ou de l’anxiété. Celle-ci peut être liée au processus de fin de vie, à la procédure d’AMM ou aux répercussions du décès de la personne sur sa famille et ses proches. Chez certaines personnes, elle peut se manifester par des troubles du sommeil, de l’agitation ou un sentiment de malaise. 

Irritabilité, colère et rage

Des émotions intenses peuvent surgir de manière inattendue, tant pour les personnes en fin de vie que pour leurs proches. Les personnes en fin de vie décrivent des sentiments de frustration, de colère, voire de rage. Ces sentiments intenses peuvent apparaître en réponse à la perte de contrôle, aux changements physiques ou aux circonstances particulières de leur situation.

Stress, épuisement professionnel et sentiment d'être dépassé

Les exigences pratiques et émotionnelles liées à la fin de vie peuvent représenter un lourd fardeau. De nombreuses personnes disent ressentir cela lorsqu’elles doivent assumer de multiples responsabilités, comme prendre soin d’une personne en fin de vie tout en s’occupant de jeunes enfants ou en occupant un emploi exigeant.

Les proches aidants et les personnes qui défendent les intérêts d’un patient peuvent être particulièrement à risque d’épuisement professionnel lorsqu’ils soutiennent une personne tout au long de ce processus tout en répondant à leurs propres besoins. 

Pour en savoir davantage sur les effets de l’épuisement professionnel chez les proches aidants, consultez  Bien-être des proches aidants.

Stigmatisation et jugement

Certaines personnes ressentent de la stigmatisation liée à l'AMM. Cela peut provenir des réactions d'autrui, de croyances culturelles ou liées à la communauté, ou de sentiments intérieurs concernant la décision. Se sentir jugé ou incompris peut ajouter une couche de stress supplémentaire.

Dans le sondage Environics de 2026, la forme de stigmatisation liée à l’AMM la plus souvent mentionnée est la comparaison avec le suicide. La deuxième plus fréquente est le jugement porté sur les membres de la famille qui soutiennent la décision d’une personne de recourir à l’AMM. La troisième est le fait d’être jugé parce qu’il existerait une « bonne » et une « mauvaise » façon de mourir.

Seulement environ un répondant sur cinq a déclaré ne pas croire qu’il existe un risque de stigmatisation lié à l’AMM.

Si vous ressentez de la stigmatisation ou du jugement, il pourrait être utile d’en parler à une personne de confiance, comme un ami, un membre de la famille, un intervenant spirituel ou un thérapeute. Vous n’avez pas à traverser cette expérience seul. Pouvoir parler ouvertement de ce que vous vivez peut aider à réduire le sentiment d’isolement.

Besoin de réconfort et de repères familiers

Les personnes en fin de vie — tout comme leurs proches — peuvent ressentir le besoin de se tourner vers ce qui leur est familier, rassurant et significatif. Cela peut comprendre du temps passé avec des amis proches ou des membres de la famille, le retour dans des lieux familiers ou la participation à des routines et à des activités qui procurent un sentiment de réconfort et d’ancrage.

Façons de composer avec le deuil

Il n’existe pas une seule façon de composer avec cette situation. Cependant, le soutien approprié peut faire une grande différence. Vous pourriez notamment : 

  • entrer en contact avec des responsables ou des groupes spirituels ou religieux
  • vous joindre à un groupe communautaire ou à un réseau de soutien par les pairs
  • consulter un travailleur social, un conseiller ou un thérapeute
  • entrer en contact avec des groupes liés à l’AMM ou des réseaux de soutien par les pairs

Explorez les options offertes dans le Répertoire de soutien.

Quand et comment obtenir du soutien

Il peut être utile de chercher un soutien supplémentaire si : 

  • vous avez de la difficulté à accomplir vos activités quotidiennes, comme le travail ou les études 
  • vos émotions vous semblent accablantes ou persistent dans le temps
  • vous pensez à vous faire du mal

Si vous vivez une période difficile, êtes en situation de crise ou avez besoin d’un soutien supplémentaire, de l’aide est disponible. Appelez ou textez le 988 en tout temps pour entrer en contact avec une personne formée qui saura vous écouter et vous soutenir.

Questions à considérer

  • Quelles activités vous aident pendant les moments difficiles?  
  • Vers qui pouvez-vous vous tourner pour obtenir du soutien?  
  • Quelle petite chose pourriez-vous faire aujourd’hui pour prendre soin de vous? 
  • Qu’est-ce qui vous a aidé à traverser des deuils ou des pertes par le passé?