« Mourir dans la dignité » et l'aide médicale à mourir désignent-ils la même chose?

Non. L’aide médicale à mourir (AMM) est un processus légal qui permet aux adultes admissibles de recevoir une aide médicale pour mettre fin à leur vie dans des circonstances précises et selon des mesures de protection rigoureuses. La notion de mourir dans la dignité est plus large. Elle renvoie souvent à la possibilité de faire des choix personnels et de recevoir des soins empreints de confort, de respect et de compassion en fin de vie. L’AMM est une façon d’y parvenir, mais une personne peut également envisager les soins palliatifs ou d’autres options respectueuses de ses valeurs et de ses souhaits.

De plus, Mourir dans la dignité Canada est le nom de l’organisme de bienfaisance national qui héberge ce site Web et dont le rôle est d’informer, de soutenir et de défendre les droits en fin de vie, y compris l’accès à l’aide médicale à mourir (AMM). L’organisme possède des sections locales partout au Canada.

Ce site Web – ou les personnes qui le gèrent – peut-il déterminer si je suis admissible à l'aide médicale à mourir? 

Non. Au Canada, seul un médecin ou un membre du personnel infirmier praticien peut déterminer si vous répondez aux critères d’admissibilité à l’aide médicale à mourir (AMM).

Ce site Web fournit de l'information générale et est publié par Mourir dans la dignité Canada, un organisme de bienfaisance national qui favorise l'accès à des choix et à des soins de qualité en fin de vie. L'organisme peut vous aider à comprendre vos options et à vous y retrouver, mais il ne peut pas évaluer votre admissibilité.

Découvrez comment se déroule le processus de l'AMM.

Une personne qui choisit l'aide médicale à mourir peut-elle faire don de ses organes?

Oui, dans certaines situations. Au Canada, le don d'organes après l'AMM est légal, mais il peut être complexe sur le plan logistique. L'AMM doit souvent être administrée dans un hôpital ou à proximité afin que le prélèvement d'organes puisse avoir lieu peu après le décès, bien que les modalités varient selon les régions. Le don de tissus peut être possible dans un plus grand nombre de situations. 

Pour éviter tout conflit d'intérêts, la décision de recourir à l'AMM doit être prise avant toute discussion concernant le don d'organes ou de tissus, et des équipes distinctes interviennent à chaque étape du processus.

Tout le monde n'est pas admissible, mais votre équipe soignante peut vous expliquer les options qui s'offrent à vous. 

Comment puis-je demander l'aide médicale à mourir?

Au Canada, le processus de demande d'aide médicale à mourir (AMM) varie selon la province ou le territoire, mais peu importe où vous vivez, la première étape consiste à parler à un membre du personnel infirmier praticien, à un médecin ou à l'équipe responsable de la coordination de l'AMM dans votre province ou territoire. Vous pouvez présenter votre demande directement au professionnel de la santé qui vous suit ou demander qu'on vous dirige vers un professionnel qui offre l'AMM. Si vous n'avez pas de professionnel de soins primaires, vous pouvez communiquer directement avec le service de coordination de l'AMM de votre province ou territoire

Apprenez-en davantage sur la démarche pour demander l'AMM.

Comment l'aide médicale à mourir se distingue-t-elle du suicide? 

Selon la définition du gouvernement du Canada, le suicide est « l'acte intentionnel de mettre fin à sa vie ». À première vue, cette définition pourrait laisser croire que certaines décisions personnelles, comme l'arrêt d'un traitement de maintien de la vie ou le choix de ne pas subir une transplantation d'organe vitale, constituent également un suicide. Or, ce n'est pas le cas.

Lorsque des adultes aptes à prendre des décisions prennent des décisions volontaires et éclairées concernant leurs soins, il ne s'agit pas d'un suicide. C'est dans ce contexte que l'AMM peut être offerte.

L’AMM est une intervention médicale légale offerte aux adultes admissibles qui satisfont aux critères stricts prévus par la loi canadienne. Elle comprend plusieurs évaluations réalisées par des professionnels de la santé indépendants, l’obtention d’un consentement éclairé et diverses mesures de protection. Une personne ne peut recevoir l’AMM que si elle est atteinte d’un problème de santé grave et irrémédiable. 

Dans le cadre du processus d’évaluation, les professionnels de la santé doivent évaluer la capacité décisionnelle d’une personne et s’assurer du caractère volontaire de sa demande. En présence de signes de crise, de détresse aiguë ou de troubles mentaux nouveaux ou aggravés, des traitements et des mesures de soutien sont proposés, et l’évaluation de l’AMM est suspendue. Le processus d’évaluation vise à s’assurer que la demande d’AMM est constante, durable et mûrement réfléchie.

Il est important que les patients, les familles et les professionnels de la santé comprennent bien la distinction entre l'aide médicale à mourir et le suicide. Les mots influencent notre compréhension de la souffrance, des soins et des choix en fin de vie.

Si vous vivez une période difficile, êtes en situation de crise ou avez besoin d’un soutien supplémentaire, de l’aide est disponible. Appelez ou textez le 988 en tout temps pour entrer en contact avec une personne formée qui saura vous écouter et vous soutenir.

L'aide médicale à mourir aura-t-elle une incidence sur ma police d'assurance vie?

Non. Au Canada, l’aide médicale à mourir (AMM) est généralement considérée par les compagnies d’assurance comme une procédure médicale légale, et non comme un suicide. Selon l’Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes, « si une personne suit le processus législatif de l’aide médicale à mourir, son décès ne sera pas considéré comme un suicide ». Pour en avoir la certitude, consultez votre police d’assurance et communiquez directement avec votre assureur.

Puis-je avoir accès à l'aide médicale à mourir au Canada si je vis à l'extérieur du Canada?

Généralement, non. Pour avoir accès à l'aide médicale à mourir (AMM) au Canada, vous devez être admissible aux services de santé publics d'une province ou d'un territoire, ce qui est généralement le cas des citoyens canadiens et des résidents permanents.

Les citoyens canadiens et les résidents permanents vivant à l'extérieur du Canada peuvent revenir au pays et être admissibles à l'AMM.

Le Canada n'offre pas l'AMM aux personnes qui ne sont ni citoyennes canadiennes ni résidentes permanentes et qui se rendent au pays dans le but d'y avoir recours. Si vous vivez à l'extérieur du Canada et n'êtes pas citoyen canadien, vous devrez vous renseigner sur les lois et les options offertes dans votre pays ou en Suisse, qui est le seul pays permettant aux non-résidents d'avoir accès à l'aide médicale à mourir.

Quels médicaments sont utilisés pour l'aide médicale à mourir?

Au Canada, les médicaments utilisés dans le cadre de l'aide médicale à mourir (AMM) sont administrés selon un protocole médical visant à assurer un décès confortable, rapide et paisible. 

Plusieurs médicaments sont administrés par voie intraveineuse. Ils sont habituellement préparés dans des seringues distinctes et administrés un à la fois, selon une séquence soigneusement contrôlée. Un membre du personnel infirmier praticien ou un médecin administre les médicaments et demeure présent tout au long du processus, qui dure environ huit minutes et se déroule comme suit :

  • Premièrement, un sédatif détend la personne.
  • Parfois, un anesthésique local est utilisé pour réduire le léger inconfort causé par les médicaments administrés par voie intraveineuse.
  • Ensuite, un anesthésique général induit un sommeil profond, semblable à un coma.
  • Enfin, un bloqueur neuromusculaire arrête la respiration et les battements du cœur.

Apprenez à quoi vous attendre au moment de l'AMM.

Une personne atteinte d’un trouble psychiatrique ou d’une maladie mentale peut-elle recevoir l’aide médicale à mourir?

Non, si le trouble psychiatrique constitue son seul problème de santé sous-jacent. Toutefois, une personne atteinte d'un trouble psychiatrique peut être admissible à l'AMM si elle est également atteinte d'un autre problème de santé grave et incurable.

Le 17 juin 2026, le Comité mixte spécial sur l’aide médicale à mourir (AMAD) a publié son rapport sur l’admissibilité à l’AMM des personnes dont la seule condition médicale sous-jacente est une maladie mentale. Le rapport recommande une exclusion pour une durée indéterminée. Le gouvernement examinera maintenant ce rapport et y répondra officiellement. Pour l’instant, l’exemption actuellement en vigueur demeure en place jusqu’au 17 mars 2027. Mourir dans la dignité Canada continue de plaider en faveur de l’accès à l’AMM pour les personnes admissibles dont la seule condition médicale sous-jacente est une maladie mentale.  En savoir plus sur les activités de défense des droits de Mourir avec dignité Canada.

Les personnes qui vivent avec une maladie mentale en plus d'un autre problème de santé grave et incurable — par exemple, une dépression majeure et un cancer — peuvent être admissibles à l'AMM, à condition de répondre à tous les autres critères.

L’exclusion ne s’applique pas aux troubles neurocognitifs comme la démence.

Si vous vivez une période difficile, êtes en situation de crise ou avez besoin d’un soutien supplémentaire, de l’aide est disponible. Appelez ou textez le 988 en tout temps pour entrer en contact avec une personne formée qui saura vous écouter et vous soutenir.

Une personne atteinte de démence peut-elle être admissible à l'aide médicale à mourir?

Certaines personnes atteintes de démence peuvent être admissibles à l'aide médicale à mourir (AMM), mais le moment où la demande est faite est crucial. Une personne doit avoir la capacité de prendre des décisions au moment de l'évaluation et, dans la plupart des cas, au moment où l'AMM est administrée. Comme la démence peut entraîner une perte progressive de la capacité décisionnelle, certaines personnes demandent une évaluation plus tôt au cours de l'évolution de la maladie. 

Dans certains cas, lorsqu'une personne dont la mort naturelle est raisonnablement prévisible (volet 1) risque de perdre sa capacité à prendre des décision, une renonciation au consentement final peut être conclue. Cela permet que l'AMM soit administrée à la date prévue, ou avant celle-ci dans certaines circonstances, même si la personne a perdu sa capacité décisionnelle. 

Les demandes anticipées ne sont généralement pas autorisées en vertu de la législation fédérale actuelle. Une exception existe au Québec, où elles sont permises dans certaines circonstances.

Apprenez-en davantage sur les efforts déployés par Mourir dans la dignité Canada pour élargir l’accès aux demandes anticipées pour les personnes atteintes de troubles neurocognitifs progressifs.

Les médicaments utilisés dans l’aide médicale à mourir provoquent-ils de la douleur ou une sensation de noyade?

Non. Les médicaments utilisés dans l'aide médicale à mourir (AMM) sont les mêmes types de médicaments que ceux employés dans d'autres contextes médicaux et chirurgicaux. Administrés selon une séquence précise et à des doses appropriées, ils agissent rapidement pour détendre la personne, la plonger dans un sommeil profond semblable à un coma, puis arrêter sa respiration. Le décès survient généralement en quelques minutes. L'AMM ne provoque pas d'accumulation de liquide dans les poumons ni de phénomène physique comparable à une noyade.‍

Découvrez ce à quoi vous attendre au moment de l'AMM

L'aide médicale à mourir est-elle utilisée pour réduire le coût des soins de santé financés par l'État?

Non. L'aide médicale à mourir (AMM) au Canada est encadrée par des critères légaux et médicaux stricts. Les décisions reposent sur la situation médicale de chaque personne, sa souffrance persistante et son autonomie décisionnelle, et non sur des considérations économiques. Rien ne démontre que l'AMM soit utilisée de façon systématique ou stratégique pour réduire les coûts des soins de santé. Les évaluateurs et les prestataires de l'AMM sont tenus de respecter des mesures de protection prévues par la loi et les normes professionnelles afin de protéger les personnes vulnérables.

Apprenez-en davantage sur les mesures de protection relatives à l'AMM.

L'aide médicale à mourir est-elle utilisée pour cibler les personnes pauvres, handicapées ou marginalisées?

Non. L'admissibilité à l'aide médicale à mourir (AMM) est déterminée selon des critères définis par la loi et évalués dans un contexte clinique. Ceux-ci comprennent notamment l'état de santé de la personne, son expérience de la souffrance, sa capacité à prendre des décisions et le caractère volontaire de sa demande, libre de toute pression. Le fait d'être en situation de pauvreté ou d'appartenir à une communauté marginalisée ne rend pas une personne admissible ou inadmissible à l'AMM. 

Le handicap peut faire partie de l'état de santé d'une personne, mais l'admissibilité dépend toujours du respect de l'ensemble des critères et des mesures de protection applicables. Les exigences fédérales en matière de déclaration assurent une surveillance visant à confirmer que ces critères sont respectés.

Le gouvernement du Canada publie un rapport annuel qui permet au public de mieux comprendre le recours à l'AMM au pays. Les rapports de 2023 et 2024 montrent que les personnes vivant dans des quartiers à faible revenu n'étaient pas surreprésentées parmi celles ayant reçu l'AMM au cours de ces années.

Apprenez-en davantage sur les mesures de protection relatives à l'AMM.

Les médecins ou d’autres professionnels de la santé peuvent-ils recommander l’aide médicale à mourir comme solution de rechange à un traitement, ou suggérer à une personne d’en faire la demande?

Personne n'a le droit de dire à une personne qu'elle devrait demander ou recevoir l'AMM, mais la loi n'interdit pas aux professionnels de la santé de répondre aux questions d'un patient concernant l'aide médicale à mourir (AMM). Parler de l'AMM n'équivaut pas à la recommander ni à inciter quelqu'un à y recourir. L'AMM ne peut être envisagée qu'à la suite d'une demande volontaire et éclairée du patient.

Dans la plupart des provinces, les membres du personnel infirmier praticien et les médecins peuvent aborder l'AMM dans le cadre de la planification des soins de fin de vie, en plus des soins palliatifs et d'autres options.

Les professionnels de la santé, y compris ceux qui évaluent les demandes d’AMM ou la fournissent, sont régis par leur ordre professionnel dans leur province ou leur territoire. Ils doivent respecter les lois, politiques et normes de pratique applicables et sont responsables de leur conduite professionnelle. Pour en savoir plus sur l’encadrement des professionnels de la santé, consultez le site Web de l’ordre professionnel concerné dans votre province ou votre territoire.

Pour en savoir plus sur la pratique de l’AMM et les documents d’orientation, consultez le site Web de l’Association canadienne des évaluateurs et prestataires de l'AMM

Si je crois être admissible à l'AMM, puis-je la recevoir?

Non. Seuls les évaluateurs de l'AMM peuvent déterminer si vous répondez aux critères d'admissibilité. Vous pouvez leur expliquer pourquoi vous pensez être admissible, mais ils doivent fonder leur décision sur leur évaluation clinique ainsi que sur leur jugement et leur expérience professionnels. Ils peuvent être d'accord ou non avec votre point de vue. Si ce n'est pas le cas, ils devraient vous en expliquer les raisons.

Si vous avez des questions sur l'application des critères d’admissibilité à votre situation ou si vous souhaitez demander une évaluation, communiquez avec votre service provincial ou territorial de coordination des soins liés à l'AMM.

Un membre de ma famille, mon avocat, mon mandataire spécial ou une autre personne peut-il demander l’AMM à ma place?

Non. Seule la personne qui souhaite obtenir l'AMM peut en faire la demande. 

Puis-je consommer du cannabis ou de l'alcool avant l'administration de l'AMM?

C'est possible, mais il est préférable d'en discuter à l'avance avec le professionnel responsable de votre AMM. Gardez à l'esprit que, pour pouvoir consentir, votre capacité de prendre des décisions ne doit pas être altérée.

Puis-je être accompagné de membres de ma famille ou d'amis lors de mes évaluations d'AMM?

Oui. La plupart des évaluateurs acceptent que des membres de votre famille ou des amis de votre choix vous accompagnent. Toutefois, ils leur demanderont généralement de se retirer pendant une partie de l'évaluation afin de pouvoir vous poser certaines questions en privé.

Puis-je être accompagné de membres de ma famille ou d'amis lorsque je reçois l'AMM?

Oui. Dans la plupart des cas, les membres de votre famille ou vos amis peuvent être présents lorsque vous recevez l'AMM.  

Dois-je être accompagné lorsque je reçois l'AMM?

Dans la plupart des provinces, vous n'êtes pas tenu d'avoir quelqu'un à vos côtés le jour de l'AMM. Toutefois, vous devrez prévoir qu'une personne puisse communiquer avec le salon funéraire et sécuriser votre domicile après le départ du professionnel qui administre l'AMM et du personnel infirmier. Il est préférable d'en discuter et de le confirmer à l'avance avec l'équipe qui vous accompagne dans votre démarche d'AMM. 

Mon chien ou mon chat peut-il être avec moi lorsque je reçois l'AMM?

Cela dépendra de l'endroit où l'AMM est administrée, ainsi que du niveau de confort du professionnel responsable de votre AMM et du personnel infirmier présent. Votre souhait d'avoir des animaux de compagnie présents peut souvent être respecté.

La personne responsable de mon AMM peut-elle fixer la date à ma place ou me dire quand je devrais recevoir l'AMM?

Non. Vous seul pouvez décider quand vous recevrez l'AMM. La date et l'heure exactes devront être coordonnées avec le professionnel responsable de votre AMM, mais cette personne ne peut pas fixer la date à votre place ni vous dire quand recevoir l'AMM.

Quelqu'un d'autre peut-il remplir mon formulaire de demande écrite pour moi?

Oui. Une autre personne peut remplir le formulaire de demande écrite selon vos directives, mais vous devez fournir vous-même les réponses aux questions. Vous devez également signer le formulaire, à moins d'être physiquement incapable de le faire. Dans ce cas, vous pouvez désigner un mandataire ou une autre personne autorisée pour signer en votre nom.

Si j'ai des besoins particuliers, comme la nécessité d'un environnement sans parfum, mes besoins seront-ils pris en compte?

La plupart de ces demandes peuvent être prises en compte avec une planification anticipée. Si vous avez des besoins ou des demandes particulières, discutez-en avec l'équipe responsable de votre AMM bien avant la date de votre évaluation ou de l'administration de l'AMM.